La société africaine

Mardi 2 octobre 2007

D'après le schéma conceptuel de développement du système communautaire que nous avions construit et exposé dans un article précédent, l'Initiation ou Maât nous apparaît désormais comme le moteur de l'Histoire dans la civilisation africaine et l'outil de développement du système communautaire.

On peut comparer ce rôle à celui reconnu à la lutte des classes dans la civilisation occidentale. Mais l'Initiation, n'est pas que cela. Son action sur la structure et la stratification de la société africaine, rapelle, le rapport identifié par Max WEBER entre l'ethique protestante et l'esprit du capitalisme. Cette découverte du rôle révolutionnaire de l'Initiation au sein de la société africaine, modifie radicalement notre perception de la société africaine.

Elle rend caduque le point de vue africaniste, fondé sur la vision d'une société africaine fondamentalement archaïque et, à laquelle il faut apporter le changement de l'extérieur. Elle redefinit la valeur de la culture africaine ainsi que la nature de ses rapports avec tous les domaines de l'activité humaine.

On passe ainsi du concept ethnologique, au concept initiatique de la société africaine, qui exprime toutes les potentialités de cette société.

(Suite...)

Par J.P. KAYA
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 4 octobre 2007

Pour rompre définitivement avec l’héritage intellectuel corrosif de l’africanisme, il nous appartient de poser une définition scientifique de la société africaine, pour comprendre son organisation et sa dynamique interne, afin d’identifier objectivement et méthodiquement sa trajectoire spécifique de développement.

Une fois cette définition acquise, elle entraînera nécessairement la remise en cause des rapports inégaux que les africanistes ont établis comme un dogme, entre cette société et : la science, la philosophie, la religion et la problématique contemporaine du développement. C’est sur cette base que nous pourrons dégager les principes fondamentaux de la Renaissance Africaine, et concevoir une conception alternative du développement, contre la conception dominante, néolibérale actuelle.

Tournant le dos ostensiblement aux affirmations intéressées de l’idéologie africaniste actuelle selon laquelle, «l’Afrique contemporaine serait métissée et réfugiée », ce qui n’est que l’actualisation d’une attitude déjà ancienne : qui voyait dans toute œuvre de civilisation en Afrique, la main invisible du peuple introuvable des Hamites ; l’impensée d’une telle attitude étant la conviction profonde que les Africains sont par nature des incapables, et il faut leur apporter la civilisation et le développement de l’extérieur. Par conséquent, ils ne peuvent les obtenir que par le métissage culturel. Nous, nous appuyons sur les dernières connaissances en sciences humaines, qui affirment que toute réflexion sur le développement d’un peuple doit dorénavant s’appuyer sur la connaissance de son histoire, sur ses croyances, sur sa temporalité particulière, et cela va sans dire sur sa culture. Tout cela devant aboutir à l’élaboration d’une trajectoire de développement spécifique.

Nous montrons ici, que la société africaine peut se développer en mobilisant ses propres ressources culturelles ; notamment son idéologie : l’Initiation. Qu’elle l’a déjà fait dans le passé avec la Nubie, l’Egypte pharaonique, et Axum. Et que, les sociétés africaines précoloniales étaient sur le point de reproduire la même trajectoire de développement mais la Traite et la Colonisation, ont cassé les mécanismes internes de développement de la société africaine. Néanmoins, il est légitime de poser la question de savoir : que seraient devenues les sociétés africaines précoloniales, si la Traite et la Colonisation n’avaient pas eu lieu ? De la réponse à cette question, nous avons conçu un schéma conceptuel de développement du système communautaire, dont nous donnons ici un bref aperçu.

(Suite...)

Par J.P. KAYA
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 9 octobre 2007
Nous avons déjà admit dans un texte antérieur que dans la conception africaine du monde, Dieu était lié à Sa propre Création, (Cf. JP KAYA ; "Schéma conceptuel de développement du système communautaire"). Il va nous falloir ici, en tirer des conséquences précises sur le plan de la réligion.

Nous nous appuyons sur la définition selon laquelle, la réligion " est l’ensemble des croyances, des dogmes, des pratiques et des institutions qui instaurent une relation entre l’Homme et une puissance divine ". Qu’importe alors l’étymologie du mot réligion :
du latin réligare (relier) ou du latin religere : vouer un culte, éprouver une ferveur passionnée.

Le fait est que, l’idée de scrupule, de respect, de valorisation de l’Etre et de la destinée humaine est essentielle à la religion. On est adepte d’une réligion dès l’on admet qu’il y’a des choses sacrées et du même coup, d’autres interdites, inadmissibles, taboues. L’Homme religieux est donc convaincu de son sentiment absolu de dépendance envers Dieu. Car, il a la conviction que, l’Homme n’est pas venu de lui-même à l’existence, que le monde n’a pas toujours existé. L’Homme évolue au milieu de forces qui le dépassent infiniment et dont l’invincible puissance lui inspire spontanément des sentiments mêlés d’effroi et d’adoration.
 
(Suite...)
Par J.P. KAYA
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 11 octobre 2007

D'après la secte des africanistes, l'incapacité apparente de la société africaine à se développer tiendrait au fait que cette société est totalement dominée par des valeurs surannées telles que: le mythe, la pensée magico-réligieuse, la sorcellerie etc... Bref ce qu'il est convenu d'appeler la mentalité animiste. Celle-ci au contraire de la mentalité prométhéenne occidentale, qui conçoit une vision de l'Histoire et du temps linéaire et cumulative, serait enfermée dans une dynamique cyclique voire circulaire, qui débouche sur une attitude passéiste, qui tourne le dos à l'avenir, pour ne regarder que le passé.


Nous avons décidé de détruire ce préjugé tenace qui a fini par s'implanter dans le psychisme des Africains eux-mêmes. Nous affirmons que la société africaine dont la définition scientifique est: "système communautaire" ou "Mode d'organisation des Négro-Africains", possède ses propres mécanismes et sa propre trajectoire de développement.

On montrera que l'initiation qui est le noyau dur de la culture africaine, donc son idéologie, exerce dans une situation normale, une action sur la structure de la société africaine, qui non seulement transforme celle-ci mais provoque également son développement.

Au départ, il convient de poser la question suivante:

"Si l'Egypte des Pharaons est bien une société africaine, communautaire, dotée d'une mentalité animiste comme toutes les autres sociétés africaines, comment a t-elle fait pour s'arracher à la médiocrité et atteindre les sommets de la civilisation. Cela résulte t-il simplement d'un accident historique comme on a pu le penser ? ou d'autre chose ?"


(Suite...)

Par J.P. KAYA
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus