Société postcoloniale

Jeudi 27 septembre 2007

Le mode de domination politique de la société africaine postcoloniale, laisse l’analyse politique contemporaine perplexe . Ce système apparaît au politiste d’abord comme une hybridation d’institutions politiques et juridiques précoloniales et modernes. Mais en réalité il s’agit d’une confusion qui aboutit à l’interpénétration du domaine public et du domaine privé. A cause de cette imbrication de structures socioculturelles d’origines opposées, le système politique de la société postcoloniale, n’est ni un Etat moderne, ni non plus un système communautaire. C’est pourquoi à la suite de S. EISENSTADT, reprenant les travaux de MAX WEBER sur les types d’autorités, JF. MEDARD, a vulgarisé le concept de « Néopatrimonialisme », pour qualifier ce système politique ambigu.

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Par J.P. KAYA
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Samedi 29 septembre 2007

La confusion institutionnelle et normative qui caractérise « l’Etat postcolonial », est aussi la raison directe qui explique dans un tel contexte, l’impossibilité d’une idéologie de l’intérêt général. A l’instar de la société coloniale, les acteurs politiques et les fonctionnaires, sont placés dans une situation psychologique, où tous les excès leurs sont permis. L’idéologie de la politique du ventre qui en résulte et dont nous avons indiquée la genèse ci-dessus, signifie littéralement : « faculté de manger ». C'est-à-dire d’engloutir autant que possible, aussi vite que possible, et par tous les moyens, le maximum de ressources nationales contrôlées par l’Etat. Notons que, dans la mesure où l’Etat concentre entre ses mains la totalité des ressources de la nation, et qu’il est, en même temps le plus grand employeur, par l’intermédiaire de sa pléthorique administration, la mentalité de ses fonctionnaires : « la politique du ventre », a fini inexorablement par imprégner l’ensemble de la formation sociale, procédant ainsi, à une déresponsabilisation généralisée et systématique de tous les citoyens.

Nous avons crée le concept de « ventripotent », pour qualifier l’individu et définir la mentalité et le comportement qui le caractérisent en tant qu’adepte de la politique du ventre. Un « ventripotent », est un Homme gros et gras, sur le plan moral. Caractéristique qui ne se superpose pas nécessairement à son aspect physique. Sauf cas de corrélation linéaire.

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Par J.P. KAYA
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Samedi 29 septembre 2007

Sur le plan sociologique, la société africaine postcoloniale nous apparaît comme une réalité sociale dépourvue de qualités systématiques.

Elle ne semble avoir de structure, ni au niveau apparent, où elle est vécue au moins partiellement par les membres d’une société, ni au niveau inconscient où elle tient lieu de « ciment » de la réalité sociale. Il s’agit bien donc d’une société malade. C’est ce caractère pathologique, que tous les observateurs, n’ont cessé de rendre compte sans en tirer toutes les conséquences, à travers la violence endémique qui y sévit et qui traduit l’absence d’une fonction d’intégration sociale, l’inefficacité politique, qui souligne le défaut d’une capacité à poursuivre les buts, la pauvreté et la misère qui traduisent l’absence d’une fonction d’adaptation à son environnement, ou encore l’incertitude qui pèse sur ses membres et qui nous renseigne sur un manque de visibilité normative et qui rend compte de la défaillance de la fonction de stabilité normative. Nous sommes confrontés enfin de compte à une société où il y’a dysfonctionnement du système social, où la fonction cybernétique est en panne. Nous allons montrer que cela nous ramène à la l’affirmation du constat que nous avons déjà fait maintes fois que la société postcoloniale était une société malade.

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Par J.P. KAYA
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