Mardi 3 février 2009

LES FONDEMENTS DE LA MORALE REVOLUTIONNAIRE

 

 

 

Par

 

JP. KAYA

           

 

            Quelle est attitude  convient-il de tenir face à notre réalité historique actuelle ?  Faut-il assener nos convictions, affirmer nos opinions face à un système normatif mondial qui nous a brisé et qui continue à nous étouffer, ou bien faut-il modérer nos propos, « mettre de l’eau dans notre vin » pour ne heurter personne, et plaire à certains ?

 

            Nous sommes les membres d’un parti révolutionnaire. Le but de ce parti, aussi incroyable qu’il puisse paraître est de changer radicalement la réalité africaine actuelle, pour donner un autre destin à l'Afrique. Et, il y’ a des raisons à vouloir un tel changement profond et radical. En effet, la société africaine actuelle, dite postcoloniale, est issue d’un passé chaotique et traumatique, engendré par la traite et la colonisation.

            L’absence d’une remise en cause critique de ce passé fait que, la société postcoloniale reproduit chaque jour dans son fonctionnement le contenu de la Traite et de la Colonisation. Les autorités africaines actuelles (sauf rare exception), à leur corps défendant, incarnent les Négriers et les administrateurs coloniaux, contre leur propre peuple, qui reproduit de son côté le sort de ses ancêtres esclaves et sujets coloniaux. Au total, la société postcoloniale est habitée et animée par une logique irrationnelle, irréformable, qui l’empêche d’œuvrer à l’épanouissement : intellectuelle, sociale, économique et culturelle des citoyens africains, et au développement des sociétés africaines elles mêmes. Autrement dit la société africaine postcoloniale en entrant de façon absolue en contradiction avec l’espérance même des peuples africains, attire pour ainsi dire contre elle-même des mobilisations de type révolutionnaire.

            Autrement dit, parce qu’elle génère dans son fonctionnement une violence ouverte contre ses propres citoyens, et par ailleurs qu’elle soumet toutes les ressources disponibles dans la société à un pillage systématique de la part du groupe restreint qui s’est emparé du pouvoir par des élections truquées ou non, la société postcoloniale a fatalement remis en cause le contrat social qui permet aux citoyens d’accepter librement l’autorité du pouvoir politique.

            C’est pourquoi, dans ces conditions, les citoyens sont libres de retirer à ces autorités, qui ne sont ni plus, ni moins que des usurpateurs, la confiance qui permet de gouverner. Par conséquent, conscients d’être les vrais dépositaires de la souveraineté, les citoyens sont désormais libres  de décider d’attribuer cette souveraineté à de nouvelles élites pour bâtir un ordre nouveau, capable de satisfaire les aspirations fondamentales et légitimes du peuple.

            Telles sont les raisons fondamentales qui sont à l’origine de toutes les Révolutions dans l’Histoire de l’Humanité. La situation de la communauté africaine s’y retrouve entièrement. Devant une telle situation, les révolutionnaires, ne peuvent se comporter que d’une façon déterminée. Ils apparaissent comme des êtres sans concession et sans qualités, qui ignorent la pitié et les compromis mous. Car ils se conduisent suivant une double éthique : celle de la résistance et celle du volontarisme. Rien de sacré et de vénérable ne peut se maintenir face à leur besoin impérieux de faire table rase du passé et de la réalité actuelle. Car leur existence est finalisée par la construction d’une nouvelle société capable d’établir ou de rétablir la justice sociale et la dignité humaine. Telles sont les fondements de la morale révolutionnaire.

 

            C’est pourquoi nous recommandons fortement à tous ceux qui frappent à la porte de notre Parti, de se soumettre à une introspection interprétative préalable, qui leur éviterait des déconvenues et des désillusions. Chaque nouveau membre doit être convaincu d’avance, qu’il possède le feu sacré qui couve dans chaque révolutionnaire authentique.

Enfin rappelons que le changement que nous souhaitons pour la communauté africaine est une rupture sans douleurs. Nous voulons vaincre sans combattre, démocratiquement. Cela ne signifie pas cependant que nous sommes prêts à tendre l’autre joue. Car cette plaisanterie n’a déjà que trop duré.

 

 

Vie, Force, Santé.

 

JP. KAYA

 

 

 

Par JP KAYA - Publié dans : Théorie de la révolution
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus