PREMIERS PAS A L’ECOLE DE LA MAAT
Par
JP. KAYA
Notre parti, le PSI, considère l’éducation de ses militants, et la conscientisation des masses africaines, comme une priorité absolue, la condition première de l’édification de
la nouvelle société africaine. C’est pour cette raison, qu’une école du Parti, baptisée « Académie THOT ou THOT Academy », a été prévue par les statuts pour organiser cette
socialisation politique. THOT on le sait est la divinité pharaonique du savoir. Il est à ce titre le patron des Initiés. La Grèce ancienne a emprunté cette divinité à l’Egypte et lui a donné le
nom de HERMES. C’est de cette façon que les enseignements initiatiques de l’Egypte pharaonique sont passés en occident, et sont aujourd’hui enseignés dans des facultés sous le nom d’ « hermétisme ». L’école de THOT, sera implantée dans toute la communauté africaine, dans chaque pays
africain et dans le moindre village. Elle servira d’outil de réappropriation et de stabilisation de l’identité culturelle africaine.
Je traite ici des questions les plus élémentaires qu’un individu va
rencontrer nécessairement en poussant la porte de cette institution. Une grande partie de cette problématique est déjà abordée de façon approfondie dans le Tome II de la Théorie de la Révolution
Africaine. Justement intitulé : « MAAT. L’Idéologie africaine ». Néanmoins, je pars de l’idée que tout le monde n’a pas nécessairement eu accès au contenu de cet ouvrage, d’où l’obligation pour moi, d’exposer à travers des textes courts et simples la pédagogie initiatique, qui a l’ambition d’unifier la pensée africaine contemporaine. Un ouvrage qui systématise
cet enseignement avec l’intention de constituer un dogme sera publié prochainement. Intitulé « LE KARISME », cet ouvrage donnera à chaque serviteur de la MAAT, la clé et l’outil de sa
propre réalisation spirituelle, en vue de l’acquisition de la mentalité pharaonique, qui lui permettra de s’intégrer à la nouvelle société africaine : la Société Initiatique.
I. QU’EST-CE QUE L’INITIATION ET A QUOI SERT-ELLE ?
Dans le mot Initiation, il y a l’idée d’apprentissage, au niveau le plus élémentaire. Mais apprendre quoi ? D’abord à se connaître, soi
même, puis ensuite d’agir sur soi même en vue de se transformer, de s’améliorer et de se développer spirituellement. Dans cette courte définition, se trouve la signification essentielle de
l’Initiation. Connaître l’être humain, puis procéder à son perfectionnement.
Tous les enseignements initiatiques de l’Afrique ancienne et précoloniale
adhèrent sans la moindre ambiguïté à cet idéal. Qu’il s’agisse du PORO des Sénoufo, du KORE des Mandingue, du MBUITI des Fang, du KIMPASI des Kongo, du NGONDO des Douala, etc.… et naturellement
de la MAAT de l’Egypte ancienne, l’Initiation a partout et de façon universelle la même ambition, connaître l’être de l’Homme afin d’organiser sa sublimation.
Toute société africaine, indépendamment de sa taille et de son organisation,
connaît obligatoirement le phénomène initiatique, qui se présente à l’observateur sous forme de rite, ou d’école. C’est au sein de ces institutions que l’Initiation construit par l’intermédiaire
des Maîtres de l’Initiation, un savoir, une doctrine, un enseignement, voire un dogme, celui-là même qui est enseigné aux adeptes de l’Initiation en vue de leur développement psychique et
spirituel.
Cet enseignement initiatique, constitue le noyau dur de la
culture africaine, son idéologie.
D’où est ce que les Maîtres tirent ce savoir. S’agit-il d’une accumulation de connaissances
éparses, de maximes transmises par la tradition ? Ou d’un savoir spécial ayant des fondements théoriques sûrs ?
La science initiatique découle de la conception africaine du monde, qui
affirme que Dieu existe sous la forme d’une Force Vitale qui habite tout ce qui existe dans la Création. Cette conception du monde est à l’opposé de la conception abrahamique dans laquelle Dieu,
après avoir créé le monde, s’en est séparé, et se tient désormais hors du temps et de l’espace. Au contraire, en affirmant que Dieu n’est pas séparé de sa propre Création, et qu’Il continue de
l’habiter, sous forme de Force Vitale, (le fameux KA des anciens Egyptiens), les Africains ont créé ainsi la possibilité d’inventer l’Initiation. Car en effet, cette cohabitation entre le
Créateur et sa Création, provoque une tension au sein de la Création, qui débouche sur le désir de fusionner avec le Créateur, c'est-à-dire sur le développement spirituel. C’est le point de
départ de l’Initiation.
C’est ainsi que, la volonté de manipuler ou de domestiquer la Force Vitale a
conduit les Africains à inventer différentes techniques culturelles: la sorcellerie, la magie, le fétichisme, le mythe, le totémisme, d’innombrables pratiques magico-religieuses et aussi
l’Initiation. Toutes ces pratiques ont pour fin, d’essayer de domestiquer la Force Vitale qui réside dans le psychisme de l’Homme, et qui est Dieu Lui-même. Pour commenter en peu de mots le
résultat obtenu par toutes ces pratiques, je dirai que seule l’Initiation a atteint l’objectif que la civilisation africaine s’est imposée à elle-même : fusionner la Création avec le
Créateur. Elle seule en effet permet de réaliser la fusion entre le Créateur et sa Création. Autrement dit seule l’Initiation permet à l’être humain de retrouver son état de pureté initial,
d’avant la Création, en fusionnant l’Homme avec Dieu, ce qui permet à celui-ci, de retrouver des qualités et des capacités hors du commun des mortels. J’ai désigné cet état par :
« mentalité pharaonique ».
Ainsi, en prenant appui sur la conception africaine du monde, la science
initiatique développe un savoir cohérent, qui est d’accord avec lui-même.
II. L’INITIATION ELLE-MÊME SE TRANSFORME
Prenons le cas de la vallée du Nil. Depuis la fin de la Préhistoire,
autrement dit de la civilisation TASA-BADARIENNE, à la dernière période du Prédynastique, qu’on appelle le Géerzéen tardif ou encore Protodynastique,
l’Initiation n’est pas restée statique.
Avant tout, il faut savoir que la MAAT, ou science initiatique, est
considérée par les Maîtres de l’Initiation comme l’enseignement divin lui-même, car il apprend à l’Homme a retrouver les qualités divines qui sommeillent en lui, ou qu’il possédait de
façon naturelle tant qu’il ne s’était pas différencié de Dieu. Donc de façon rigoureuse, la science initiatique est fondée sur des vérités stables.
J’ai souvent employé l’expression « connaissance stable du monde » pour en faire état. Cette stabilité a rapport avec la perfection de ce savoir. Si en effet ce savoir a non seulement
servi à créer le monde, puis à le faire fonctionner, il n’ y a aucune raison qu’il change chaque semaine ou tous les mois, ou même de temps en temps. Ce qui change, c’est généralement la forme,
alors que le contenu reste stable.
Le savoir qui change, qui a besoin d’être complété, vérifié et dépassé, est
celui de la science positive, la science officielle, fondé sur les relations entre les faits. C’est un savoir formel. En outre il relève du seul usage de la Raison humaine, laquelle est
prisonnière de la nature humaine, qui comme on le verra est foncièrement égocentrique et de ce fait limite les capacités de perception de l’Homme. Néanmoins, les Maîtres de l’Initiation pensent
qu’à très longue échéance, ce savoir vise lui aussi à accéder aux mystères du monde, que la science initiatique connaît déjà. Ce qui handicape la science positive c’est l’attitude de ses savants
et leur idéologie fondamentalement matérialistes, qui ne laissent que très peu de place à volonté de prendre en compte les autres dimensions de la réalité.
Donc contrairement à ce qu’indique le titre de ce paragraphe, ce n’est pas la
science initiatique en soi qui change, mais le cadre social où se pratique l’Initiation qui se transforme pour permettre une transmission et une diffusion de plus en plus efficace de
l’Initiation. Ce perfectionnement des méthodes d’enseignement agit sur les capacités psychologiques des adeptes de l’Initiation, ce qui améliore leur capacité d’accéder ou de capter la connaissance divine, la MAAT. Ainsi, la MAAT est une science universelle, à laquelle n’importe quel être humain peut accéder. Le seul
problème, est de savoir, comment s’organiser et se préparer pour y accéder. J’ai remarqué que l’Histoire de la vallée du Nil est une sorte de raccourci, qui permet de comprendre l’Histoire des
autres sociétés africaines.
Dans les périodes très anciennes du Prédynastique, l’Initiation ne se
différencie pas encore totalement des autres idéologies qui occupent l’univers mental de la société africaine. Il s’agit, je l’ai déjà dit de : la sorcellerie, du fétichisme, du totémisme, de la magie etc.… A ce stade, les Maîtres de l’Initiation, qui savent à quoi sert l’Initiation, n’enseignent, en rapport avec la
psychologie dominante que des connaissances élémentaires, en usant des techniques plus ou moins grossières où la souffrance physique joue un grand rôle. D’ailleurs les formes les plus archaïques
de l’activité initiatique se ramènent à des rites de passage. La grossièreté de ces formes s’explique par la morphologie sociale elle-même, puis par la psychologie qui lui est associée. En se
transformant, la société crée des possibilités d’une meilleure expression de l’action initiatique. Autrement dit au-delà des formes archaïques de l’Initiation que sont les rites de passage que
l’on rencontre dans les terroirs africains, il faut laisser un grande place à l’imagination sociologique, et penser que malgré tout, ces rites aussi grossiers soient-ils reflètent la volonté
d’accéder à la connaissance stable du Cosmos : la MAAT.
Autrement dit, ce qui change ou se transforme dans l’enseignement de la MAAT,
ce sont les structures sociales, le niveau général d’éducation des Hommes et leur psychologie. Ce qui demeure stable, c’est la MAAT, telle qu’en elle-même. Elle ne change pas, car c’est la
science divine. Et en même temps la Nature Divine Elle-même.
III. QUELLE DOIT ETRE L’ATTITUDE DU DISCIPLE QUI VEUT RECEVOIR L’ENSEIGNEMENT DE
THOT ?
Dans toutes les écoles initiatiques du monde, le même discours est toujours
tenu à ceux qui sonnent à la porte de l’institution initiatique.
D’abord qu’est ce qui pousse un Homme ordinaire à rechercher les lumières de
l’enseignement initiatique ? Certainement un besoin vital et pressant qui se déclare à un moment ou un autre de l’existence. Il ne s’agit pas de
trouver quelqu’un qui veuille bien répondre aux questions classiques que l’on est conduit à se poser sur le sens de la vie. Il s’agit de répondre aux sollicitations de l’esprit lui-même qui
demande à s’exprimer. Mais en dehors du cas des individus dont leur propre développement spirituel antérieur a préparé le terrain pour une éclosion soudaine d’une vie spirituelle intense, tous
les êtres humains, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils le sachent ou pas, sont soumis à une loi générale, celle de l’évolution
spirituelle.
C'est-à-dire ils doivent se développer spirituellement, en abandonnant leur
condition humaine, et acquérant progressivement, des qualités morales de plus en plus élevées, jusqu’à communier totalement avec la Nature Divine, qui est déjà présente eux-mêmes. Nous exposerons
dans des textes à venir ce processus. Mais la question qui doit nous occuper pour l’instant est celle de savoir : quelle est l’attitude qui sied au travail initiatique ? Il y a dans la
vie courante des métiers par exemple qui requièrent un tempérament ou habilité spéciale. Mais tout le monde possède le tempérament nécessaire pour se développer spirituellement. Car il s’agit
d’un mécanisme prévu par la nature elle-même.
Il est d’ailleurs plus approprié de parler d’une posture mentale nécessaire
au travail initiatique. Elle commence par la PATIENCE. Car il est nécessaire de comprendre, que nul ne peut se développer spirituellement du jour au lendemain. Il faut accéder à
une nouvelle conception du temps, et comprendre que l’évolution spirituelle peut nécessiter plusieurs réincarnations. Dans tous les cas, tout dépend de la situation spécifique de chaque individu.
Ceux qui dans leurs vies antérieures ont été sensibles à la question, se mobiliseront plus facilement aujourd’hui. Ceux qui découvrent maintenant la nécessité de mener une vie plus spirituelle,
auront du mal à s’y mettre. C’est pourquoi une école initiatique dans son principe ne peut pas ressembler à une école ordinaire, qui comporte des degrés et des niveaux, et qui nécessite des
examens pour passer d’un niveau à un autre. Dans une école initiatique, chacun adapte l’enseignement à son cas personnel, et affronte les épreuves quotidiennes dans la vie courante. L’Initiation
se fait ainsi dans la vie de tous les jours à travers toutes les épreuves que la vie nous impose.
La seconde posture qu’il est nécessaire de développer, est la
RÉCEPTIVITÉ. Cette qualité était considérée en Egypte ancienne, comme la clé essentielle de la socialisation. C’est l’outil qui permet au Maître de l’Initiation de procéder à
l’éveil de la conscience de son disciple. Il s’agit d’une capacité mentale qui permet d’entrer en contact avec tout l’Univers en ouvrant son âme sur le monde. C’est qualité suppose aussi
l’humilité, et même la soumission à l’ordre divin.
La troisième posture est le DISCERNEMENT. Certes, faut-il
garder en quelque sorte l’esprit ouvert, pour recevoir des Maîtres et des entités supérieures de l’aide, mais il faut veiller à ne pas laisser entrer n’importe quelle influence en soi même. Il
faut apprendre à filtrer tous les éléments qui se bousculent à la porte de notre conscience. Un certain Messie a parlé à ce propos de distinguer le bon grain de l’ivraie. Il s’agit de rester
vigilant, ce qui par la suite développera la capacité de voir, c'est-à-dire la clairvoyance.
Toutes ces capacités élémentaires, sont données à tout le monde, et elles
sont indispensables pour mettre en route le développement de notre structure psychique. Chacun possède donc les mêmes chances à la base. Seuls les habitudes prises, les choix que nous faisons,
nos prédilections etc. compliquent ou facilitent non seulement notre évolution spirituelle, mais aussi et tout simplement, notre vie quotidienne.
« Il n’y a pas de Vérité Supérieure à la MAAT. Seule la MAAT est l’Unique
Vérité ».
Vie, Force, Santé.
JP. KAYA
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