POUR LE DARFOUR : J’ACCUSE !
Par
JP. KAYA
La théorie de la Révolution Africaine que j’ai diffusée sur le marché intellectuel africain, possède comme toute théorie
politique, la capacité de prédire rationnellement le sens que l’histoire peut prendre, grâce à sa propre cohérence interne. Ainsi, le changement
survenu en Amérique il y’a quelques mois avait été clairement pensé, formulé et exposé dans le Tome I de la Théorie de la Révolution Africaine
(Première Partie). De même, les convulsions que nous observons actuellement aux Antilles avaient été pressenties dans le même ouvrage. Dans le même sens, l’Afrique qui est le noyau dur de la
communauté africaine possède son point aveugle qui va déclencher le nationalisme africain, mettant le feu aux poudres en vue de la reconquête de la dignité africaine pour la création d’une
puissance africaine contemporaine. Ce point aveugle est le Soudan, berceau de la civilisation africaine.
Le Soudan d’Omar El BECHIR réunit tous les ingrédients
qui révulsent profondément les Nègres, et qui dans la situation actuelle vont constituer le facteur qui va accélérer l’accomplissement de
la Révolution Africaine.
Commençons d’abord par présenter la situation. Le Soudan est un pays issu de
l’antique NUBIE, berceau de la civilisation africaine. Elle a d’abord donné naissance à l’Egypte pharaonique, à Axoum, et ensuite à l’épopée bantoue.
Nous pouvons comparer ce pays, à ce que l’Arabie est pour le monde arabo-musulman, et à ce que Rome et la Grèce anciennes furent pour la civilisation
occidental. Dans ces conditions, les Africains vivent comme une humiliation insupportable qu’un groupe d’illuminés intégristes islamistes se soient
emparés du pouvoir par la force dans ce pays qui est le plus grand d’Afrique et entend s’imposer après
l’avoir rebaptisé : République Arabe du Soudan, (ce qui est une contradiction dans les termes) en excluant ou en exterminant la composante africaine du pays, qui soit dit en passant,
représente la majorité écrasante de la population, soit 98%. Avant de s’en prendre au Darfour, on ne doit pas oublier que le pouvoir central soudanais a mené une guerre très longue qui a duré près de vingt ans contre le sud–Soudan, peuplé de Nègres animistes, guerre qui a provoqué des millions de
morts.
Devant la médiocrité habituelle et la vacuité morale et intellectuelle des
responsables politiques et des élites africaines, il nous revient de faire connaître la véritable position des patriotes africains, les Serviteurs de la MAAT, car le régime soudanais les place en
situation de légitime défense.
Mon but ici n’est pas de créer les conditions d’une confrontation entre races
ou entre religions, mais de dire les choses telles quelles sont pour que chacun puisse en prendre conscience, et de définir un chef d’accusation clair sur des faits établis afin de demander à la
communauté africaine de prendre ses responsabilités pour protéger l’une de ses composantes : la population du Darfour, qui est en danger de mort, menacé par un régime intégriste et
totalitaire.
I. QUELS SONT LES FAITS ?
Omar BECHIR, président actuel du Soudan est un dictateur qui est arrivé au
pouvoir à la suite d’un coup d’Etat. Aujourd’hui il est inculpé par la CPI (Cour Pénale Internationale), pour avoir liquidé sur des bases raciales, près de 500. 000 Africains natifs du
Darfour. Il a formé des milices arabes (Janjaouides) pour harceler, terroriser, violer, incendier et assassiner les populations de cette région de
l’Ouest du Soudan peuplé de paysans Nègres sédentaires. Cette région on le sait renferme aussi de richesses non seulement foncières, mais aussi minières et pétrolifères, que le pouvoir central
convoite, alors que cette région a toujours été totalement délaissée en matière de développement. La stratégie du pouvoir central soudanais au Darfour, est de dépeupler la région, en assassinant
sa population ou en l’expulsant de ses terres, afin de permettre aux populations arabes de s’y installer.
Face à ce génocide, et face à l’inorganisation, l’impuissance, l’absence de
volonté et de qualités morales des responsables politiques Africains, qui préfèrent détourner la tête alors qu’en Afrique même, sous les yeux du monde entier une population africaine est
exterminée sur des bases raciales, la communauté mondiale ne pouvait pas indéfiniment fermer les yeux. C’est ainsi que le dictateur soudanais a été enfin inculpé de crimes contre l’humanité
et de crimes de guerre, de viols…etc ; par la justice internationale. Ce qui est très peu par rapport aux faits constatés. La véritable accusation aurait dû être celle
de génocide. Reste à mettre désormais le dictateur sous les verrous pour le juger. Puis liquider son régime.
Malheureusement, la situation des populations africaines du Darfour va
s’empirer dans l’immédiat, car le dictateur soudanais a personnellement décidé d’expulser plus d’une dizaine d’organisations humanitaires qui apportent une aide quotidienne et vitale aux
populations martyres du Darfour, il multiplie les menaces à l’endroit de toute organisation qui tenterait de le contrarier. Ce qui impose donc de la part de la communauté internationale une
réaction concrète et immédiate, puisque les responsables africains empêtrés dans leur médiocrité et tremblant de peur, n’osent pas ouvrir la
bouche pour protester. Ne pas agir dans l’urgence, c’est condamner des millions de personnes parquées dans des camps de fortunes à une mort certaine,
par manque de nourriture, de soins et de médicaments.
II. DES REACTIONS ERRATIQUES AU NIVEAU MONDIAL
Chacun sait donc pour quelles raisons précises un mandat d’arrêt
international a été délivré contre le dictateur soudanais. On sait que principalement il s’agit d’une réponse contre le déchaînement d’une violence aveugle d’un Etat contre un peuple en danger
d’extinction. On sait clairement que cet Etat a déjà décimé près de 500.000 vies humaines dans la seule région du Darfour. Le total des victimes de
cette politique d’extermination s’élève à plusieurs millions si l’on prend en compte les victimes directes et indirectes de la guerre menée antérieurement contre le sud du pays.
Mais face à ce génocide, des pays comme la Chine, la Russie, et la plupart de pays arabes ou des organisations comme la ligue arabe et le HAMAS (qui pourtant exige un soutien
sans faille de la part des Africains dans sa propre lutte pour la création d’un Etat palestinien), n’ont pas hésité à apporter leur soutien au dictateur soudanais. On doit y ajouter aussi le cas
de l’Union Africaine elle-même.
Son cas est complexe, car l’Union Africaine est formée à plus de 90% de pays
Négro-Africains et de moins de 10% de pays arabes. Pourquoi les Africains sont-ils incapables de défendre leurs propres frères qui sont en danger de mort au sein de cette organisation qu’ils
dominent pourtant de façon écrasante ? Je vois au moins trois explications :
a)-L’aliénation. L’héritage de la Traite (Arabe et occidentale), de la colonisation et l’influence idéologique contemporaine
de l’Islam, paralysent complètement les capacités volontaires des Africains. Devant un problème clair comme celui-ci, leur réflexe va être de courber l’échine, de chercher des excuses farfelues,
de s’entredéchirer et même de réprimer férocement des compatriotes qui oseront prendre la parole pour dénoncer les faits, alors que l’urgence de la
situation, impose de parler d’une seule voie, de formuler des protestations fermes et de prendre des mesures immédiates.
b)-À cette faiblesse morale, s’ajoute la médiocrité. Cette dernière caractérise les institutions politiques africaines, et
les acteurs qui les servent. On constate une greffe de l’Etat qui n’a jamais pris, ce qui entraîne une dévolution chaotique du pouvoir, une personnalisation et une privatisation du
pouvoir et des institutions; et finalement une confusion permanente entre l’espace public et l’espace privé. Tout ceci débouche sur la politique du ventre, devenue l’idéologie de la société
postcoloniale, qui gangrène tous les rouages de la société comme un cancer généralisé.
c)-Enfin la situation générale est aggravée par l’absence d’une idéologie africaine, capable de protéger chaque Africain et
la communauté africaine elle même de l’influence nocive et déstabilisatrice des idéologies étrangères.
Dans ces conditions, l’Union Africaine, m’apparaît comme un astre errant, une
organisation sans but ni objet. Alors que l’Afrique n’a pas encore fini de régler tous ses comptes avec son passé récent (Traite et Colonisation), la voilà désormais sous la menace et même dans
les griffes de l’extrémisme islamiste. En l’absence d’une élite capable de faire le bilan du passé, puis de lui proposer un projet de société
puissant, et une idéologie pour piloter ce projet, l’Afrique va ressembler à un cadavre d’hippopotame dévorée de l’intérieur par de milliards de vers et de bestioles.
J’accuse les responsables politiques africains de lâcheté, de faiblesse morale, de médiocrité et de servilité. L’Afrique du Sud elle-même, pays le plus riche et le plus puissant du continent a démissionné de ses
responsabilités de leader et donne désormais l’impression de tourner le dos au reste de l’Afrique pour vivre dans sa bulle de prospérité, les évènements de Mais 2008 qui ont stupéfaits et
traumatisés tous les Africains, resteront gravés à jamais dans leur esprit, car le retard avec lequel le gouvernement sud-africain a réagi aux persécutions contre les immigrés est fortement
suspect. L’Afrique a donc besoin d’une nouvelle élite et d’un vrai projet de société à la place d’une Union Africaine qui est sous influence et sans avenir.
III. LA REPONSE INITIATIQUE
L’Initiation est l’idéologie de la société africaine. C'est-à-dire de toutes
les sociétés africaines. J’ai démontré que son action sur la structure de la société africaine, provoque la transformation, puis le développement de celle-ci. Il en découle une trajectoire de
développement particulière à la société africaine, dont l’Initiation est le moteur. Elle agit d’abord
sur la structure mentale de chaque individu, et suscite l’apparition de qualités mentales et morales supérieures. Il en résulte ce que j’ai qualifié de « mentalité pharaonique ».
Laquelle se décompose en esprit d’entrepreneur, en esprit de bâtisseur et en esprit de conquérant. C’est à la pratique de l’initiation, que l’Egypte ancienne avait baptisé MAAT, que ce pays doit
le très haut niveau de civilisation qui étonne aujourd’hui encore toute l’humanité. L’Initiation ou MAAT est aussi la réponse la plus fonctionnelle à la nature de la crise actuelle de la
communauté africaine : la crise de la personnalité africaine. L’Initiation s’impose ainsi comme l’idéologie qui faisait défaut jusqu’ici à l’Afrique pour se protéger des menaces culturelles,
quelles que soient leur nature et leurs origines, et trouver sa cohérence et son unité. Car cette idéologie découle de la structure même de la société africaine.
On sait que les Africains sont avant tout victimes du fait d’être Noirs. Les
peuples qui entrent en contact avec eux sont convaincus d’avance de leur capacité à imposer à ceux-ci leur influence et leur volonté, parce qu’à la base ils croient à l’infériorité raciale des Nègres, ils espèrent ainsi apparaître comme des sauveurs ou des Maîtres. Ils obéissent donc à l’idéologie hamitique.
En réalité ils profitent des
conséquences de la Traite et de la Colonisation sur la personnalité africaine qui ont détruit chez ces derniers la foi et la confiance en eux-mêmes, ce qui implique qu’ils soient aujourd’hui prêts à s’entretuer pour plaire à n’importe quel abruti qui aura réussi à leur faire croire qu’il est leur Maître.
Mais cette époque est définitivement révolue. Notre parti, le P.S.I, doté d’une arme redoutable, l’idéologie africaine, la MAAT, est désormais implanté dans un grand nombre de pays africains, et se donne
comme objectif de prendre racine dans chaque pays de la communauté africaine. Il s’est fixé comme but suprême de révolutionner la mentalité de cette
communauté, de doter l’Afrique d’un Etat puis de construire une nouvelle société africaine, sur la base des valeurs authentiquement africaines, pour ressusciter, protéger et stabiliser l’identité
culturelle africaine, et faire de l’Afrique une puissance sur la scène internationale.
Devant la médiocrité des dirigeants africains actuels, nous sommes désormais
pressés d’incarner la légitimité et la légalité au sein de la communauté africaine pour restaurer la dignité du peuple africain.
IV. POURQUOI LE SOUDAN VA-T-IL PROVOQUER L’EVEIL DU NATIONALISME AFRICAIN, QUI CONDUIRA A L’EXPANSION DE LA REVOLUTION
AFRICAINE ?
Omar BECHIR essaie habilement de camoufler ses crimes derrière un discours
creux contre le néocolonialisme. Il se berce d’illusions en croyant ainsi rallier les Africains à sa cause. Il proclame également que la mobilisation des milliers de citoyens venus
manifester, lui révèle l’amour que son peuple a pour lui. Comment peut-il en avoir la certitude dans un
régime despotique et totalitaire, au sein duquel, les masses sont terrorisées par la brutalité du régime ? Depuis le IIIè Reich l’histoire abonde de ce genre de régimes bâti sur la
gesticulation et la manipulation des masses. Leur destin heureusement n’en a jamais été modifié.
Mais ces pitreries, ne font pas rire les patriotes africains. Rappelons les faits. Au Soudan qui est le berceau de la civilisation africaine, les Nègres sont persécutés, et vivent en réalité sous un
régime d’apartheid, ils sont massacrés et exterminés comme actuellement au Darfour. Cette situation n’a pu durer qu’avec la lâcheté des chefs d’Etat africains, qui sont des hommes sous influence
et sans caractère. Elle ne durera pas d’avantage, car le régime soudanais est désormais dans l’œil du cyclone.
Le monde entier doit comprendre que pour apaiser les passions qui
couvent sous la question soudanaise, la seule réponse appropriée doit être de démocratiser le pays pour que la majorité ethnique légitime (les Nègres) puisse gouverner en bonne intelligence et dans la concorde si possible avec la minorité arabe. Tant que le problème ne sera pas posé en ses termes, tant que la
majorité africaine n’aura pas reconquis ce qui lui revient, rien ne pourra être réglé. Tant que la question soudanaise n’est pas résolue, l’Union
Africaine elle-même, ne pourra jamais fonctionner, et restera une coquille vide et même finira par se disloquer.
Agir autrement, c’est donc bâtir l’avenir de l’Union Africaine sur un mensonge. Résoudre la question soudanaise permettra de
solutionner les cas similaires : ceux de la Somalie, de la Mauritanie, du Niger, sur la base de l’exemplarité. Enfin, résoudre avec intelligence la question soudanaise, c’est créer les
conditions pour résoudre la question nègre au Maghreb lui même. Construire une Union Politique entre les deux régions de l’Afrique (l’Afrique Noire et le Maghreb), sans poser cette question
ethnique de la manière la plus claire et la plus rigoureuse, c’est appuyer sur le déclencheur à retardement d’une gigantesque bombe atomique. Car les Africains sont désormais conscients de cette
tension majeure qui les oppose aux Maghrébins. Elle risque d’exploser à tout moment, quand on s’y attendra le moins. La première étape pour la désamorcer est de régler la question
soudanaise.
Le Soudan doit redevenir, ce qu’il aurait
dû être depuis toujours : la Terre Sainte de l’Afrique, comme l’Arabie saoudite l’est pour le monde arabo-musulman.
La solution la moins coûteuse
est de liquider le régime soudanais actuel, et d’organiser des élections libres sous la surveillance des instances internationales, pour démocratiser le pays.
V. CONSIGNES
Dans cette question soudanaise, les Africains ne doivent plus se laisser
berner et insulter d’avantage. Contre les populations qui ont manifesté pour soutenir le dictateur soudanais, le peuple kémite doit dans le monde entier, manifester massivement son soutien à ses frères du Darfour, qui sont menacés de mort. Cette attitude, doit
représenter le point départ d’une mobilisation qui ne prendra fin que lorsque la Nubie sera libérée de la tyrannie.
Tout Président africain, qui recevrait Omar BECHIR dans son pays, et le
laisserait repartir, sans l’arrêter pour le livrer aux autorités internationales compétentes, sera considéré comme un renégat, un ennemi du peuple kémite et doit s’attendre à être maudit jusqu’à
la fin des temps.
Le peuple Kémite ne peut se reconstruire qu’en posant des actes
volontaristes. C’est le début d’un processus de reconquête de notre dignité perdue.
Ankh, Oudja, Seneb.
JP. KAYA
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